
La panique démographique
Une réponse féministe
C'est un refrain obsédant. Sur les plateaux comme dans les discours politiques, on donne l'alerte : la France n'a jamais fait aussi peu d'enfants - c'est une catastrophe civilisationnelle.
Mais qui parle ainsi ? Des hommes, presque toujours.
Derrière les chiffres s'élabore un récit politique au service d'agendas rétrogrades : la dénatalité devient l'alibi parfait pour reprendre le contrôle sur le corps des femmes. Pourtant, la baisse des naissances ne relève ni d'un caprice égoïste ni d'une défaillance individuelle. C'est une grève des ventres à bas bruit : le diagnostic posé par des femmes sur un monde devenu trop inégal et trop hostile pour accueillir la vie.
Repartir de l'expérience et du ressenti des femmes, c'est renverser la question. Ce n'est plus se demander combien d'enfants viennent au monde, mais s'interroger sur le monde que nous leur offrons. Car une société qui punit les mères, maltraite les enfants et détruit les conditions du vivant ne mourra pas faute de bébés. Elle mourra d'abord faute d'humanité.




