Éditions Les petits matins

Un laboratoire politique

La Vie, n°3535

Un laboratoire politique

« En fait, tu es un prêtre ouvrier-laïque. » « Ah, ah! La formule ne me déplaît pas... » Cet extrait de dialogue entre l'intervieweur et l'interviewé donne le ton : confiance, franchise, et complicité amicale, parfois taquine. Entre eux, c'est un peu comme l'élève et le maître. Le premier, Stéphane Sitbon-Gomez, conseiller spécial de Cécile Duflot après avoir dirigé la campagne présidentielle d'Éva Joly, est dans la première ligne droite de sa vie politique. Le second, Guy Philippon, agrégé de mathématiques à la retraite, a derrière lui un demi-siècle d'activisme militant. C'est une figure des Verts, dont il anime la section du XXe arrondissement de Paris, après avoir fait vivre pendant 30 ans celle du Parti socialiste unifié (PSU).

   

Avec intelligence et faconde, il déroule les grandes étapes de son engagement. Elles épousent de près les bonds et rebonds qui ont conduit à la création, en 1960, de ce parti, principalement pour protester contre la guerre d'Algérie et l'arbitraire colonial. Jusqu'à son autodissolution en 1989, en raison de sa marginalisation après l'arrivée au pouvoir du PS, rejoint par des personnalités du PSU, tel Michel Rocard (premier secrétaire de 1967 à 1974).

   

On saura gré à notre homme non croyant, de rappeler le rôle essentiel qu'ont joué les chrétiens de gauche dans l'écriture de cette page d'histoire aussi mouvementée que passionnante.

  Jean-Claude Noyé