Éditions Les petits matins

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Les treize nouvelles de À conserver au frais sont construites sur le mode des contes, qu’on n’ose dire de fées. On y trouve des parents épouvantables, perdant volontairement ou tuant leurs enfants, des Poucet abandonnés, des rejetons ingrats, des nains méchants, de jeunes Cendrillons perdues, des personnages redoutables, mais qui sont eux-mêmes si floués…. Visions très sombres du mariage, de la famille (voir Le don, épouvantable !), de la société de consommation, des rêves enfuis, restituées avec un cynisme et une lucidité effrayante. De plus, Isabelle Sojfer frôle le fantastique avec plusieurs nouvelles exceptionnelles, notamment L’expulsion, étonnante. Quoi qu’il en soit, les terribles et jubilatoires nouvelles d’Isabelle Sojfer révèlent l’horreur existentielle générée par le monde moderne, un monde pénitentiaire, schizoïde, qui engendre de la solitude. Une vision des choses sans appel, un talent certain, à suivre absolument. Isabelle Howald de la librairie Kléber à Strasbourg, mars 2006