Éditions Les petits matins

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Elle a fait irruption dans la vie politique française avec sa jeunesse, son verbe décidé, ses intonations directes. Cécile Duflot tranche dans un univers sensiblement plus âgé, majoritairement masculin et professionnalisé. Qui est cette femme bien ancrée dans la réalité d’aujourd’hui ? Comment voit-elle son époque ? Quel avenir veut-elle contribuer à dessiner pour son pays ?
Face au journaliste Guy Sitbon, homme de gauche d’une autre génération et d’une tout autre culture politique, elle relate ici, dans une conversation vivante et très franche, son enfance auprès d’un père cheminot syndicaliste et d’une mère prof, ses premiers engagements à la JOC ou comme bénévole dans les prisons, son ascension chez les Verts, sa participation à l’aventure Europe Écologie, qui débouchera sur le succès des élections européennes de juin 2009.
Elle pose également un regard critique sur notre société injuste et gaspilleuse, et sur l’attitude prédatrice des pays du Nord vis-à-vis de ceux du Sud. Elle défend une conversion écologique de l’économie, un développement des alternatives à la voiture individuelle, une rupture avec un productivisme irréfléchi et destructeur pour la planète. Elle réfléchit aussi sur les dangers du pouvoir, le rôle de la presse ou les vertus de la parité hommes-femmes.
Cécile Duflot, Guy Sitbon

Dans la presse

Marianne

Duflot face aux libéraux-libertaires

Quand on l’interroge sur Daniel Cohn-Bendit, Cécile Duflot redouble d’abord de prudence : il n’est pas « étrange », il est « unique, affirme la secrétaire nationale des Verts, tête de liste Europe Écologie en Île-de-France lors des récentes élections régionales. Mais il suffit que son interviewer (en l’occurrence notre collaborateur Guy Sitbon, au cours d’un long entretien vérité qui paraît aux éditions Les Petits Matins) lui demande comment elle voyait l’ancien leader soixante-huitard avant de travailler avec lui, et la pasionaria verte ne peut plus masquer son ambivalence : « Avec un énorme ego, ingérable et un peu méprisant ! En réalité, il n’est pas comme cela, il est même très respectueux. » (…)

Preuve que la grille générationnelle n’est pas la moins pertinente pour aborder la trajectoire « météoritique » de cette géographe de 34 ans à l’intérieur de la galaxie écologiste. D’où le sel de ces échanges à bâtons rompus avec Sitbon. A ce dernier qui avoue être de l’une des dernières classes d’âge persuadées que « tous les règnes de la nature appartiennent de plein droit à l’espèce humaine », son interlocutrice rappelle qu’elle a toujours été de sensibilité écologique. Sceptique sur les chances du capitalisme de sortir de l’ornière néolibérale, et non moins pénétrée du caractère « dévastateur » de la société de consommation, elle explique pourquoi elle prône une conversation écologique de l’économie du gaspillage : elle détaille son plaidoyer en faveur des gestes de « réparation » du Nord à l’égard du Sud. Elle n’hésite pas non plus, au passage, à justifier l’expression de « négationnisme climatique » dont elle fit un usage controversé à la radio. Et, tout en payant son tribut à ses aînés, Duflot enfonce sur plusieurs enjeux de société un coin méthodique entre les rhétoriques « lib-lib » et dérégulatrices qui dominent entre l’écologie européenne. (10 au 16 avril 2010)

Alexis Lacroix